C’EST KIF KIF, L’ALIM ET LE HACKER
L’information exige halte et réaction car elle est très grave et scandaleuse. Le site al-massae publie ce jour, 2 avril 2009, une déclaration de l’alim et fils d’alim le député, Abdelbari zemzemi approuvant l’attaque qu’a subi le site de l’association kif kif regroupant les homosexuels marocains. Apparemment ce site se trouve en Espagne et est représenté par un jeune Rifain résident dans le même pays.
Que l’alim Zemzemi soit contre les homosexuels, ceci ne choque plus personne ni au Maroc ni ailleurs. Cependant, quand le même alim, élu démocratiquement afin de légiférer, avec ses homologues, dans l’ordre et la discipline encourage des individus à passer à l’attaque des sites en les détruisant, c’est-à-dire le bien d’autrui, est un acte criminel d’autant plus qu’il se déroule en pays étranger.
L’alim Zemzemi inscrit son approbation sur le registe des devoirs religieux en vue de protéger la jeunesse, etc. En approuvant l’acte de détruire en dehors du territoire marocain, l’alim prend-il conscience qu’il appelle, en le rendant légal selon sa conception religieuse, à mener des opérations de piraterie et de terrorisme sur le web. Il est certain qu’il n’incite pas à tuer des hommes et des femmes innocents mais dans le monde virtuelle, plusieurs guerres existent et engager le Maroc dans des combats qui ne sont pas les siens doit mériter de la part du fqih Zemzemi une profonde réflexion sur le monde moderne.
En ces jours-ci, les cheikhs dits, à tort ou à raison, des slafistes, condamnés à des peines très lourdes, comparaissent à nouveau devant la justice et remettent en question les conditions de leur arrestation ainsi que celles de leur condamnation. On peut leur donner raison et accuser le pouvoir marocain d’avoir, dans un contexte grave, saisi l’occasion de se débarrasser de sa propre progéniture. Mais on peut leur en vouloir en leur rappelant que leurs prêches, leurs gestes et leurs interprétations du monde ont fait croire à leurs ouailles qu’il s’agissait de messages codés les incitant à passer à l’acte, celui du 16 mai 2003. Ils ont droit de se justifier autrement, d’afficher une loyauté salvatrice dictée par les circonstances de leur incarcération mais les faits et les actes, qu’on le veuille ou non, sont têtus. Par son approbation irraisonnée, l’alim Zemzemi est dans la même option: celui qui a détruit le site est capable, lui ou ses semblables, de détruire des hommes et des femmes ne correspondant pas aux critères imposés par la conception théologique de la société de l’alim Zemzemi.
Il est vrai que le jeune Samir Barkachi qui se dit le représentant des homosexuels marocains a une conception brutale de débat et de combat. C’est sûrement une question d’âge. Il a vingt deux ans et il ambitionne de réaliser en peu de temps ce que d’autres, pour d’autres combats, ont mis des décennies sans vraiment obtenir des résultats immuables. Il vit en Espagne, le pays dans lequel, il existe encore de forts courants de sociétés qui sont contre l’avortement et le mariage entre homosexuels. En France, aujourd’hui même, les médias ont annoncé que la police vient d’arrêter deux individus ayant assassiné et fait disparaitre les corps d’un couple d’homosexuels. Samir Barkachi croit que son combat est juste, c’est son droit. Son problème est qu’il va au-delà de ce même combat en mettant en avant ses protections étrangères et ses soutiens nationaux (quotidien assabah). Le représentant du kif kif a le droit de se protéger mais il n’a aucune raison d’impliquer ses soutiens dans un combat probablement très précoce dans la société marocaine même si celle-ci entretient des relations ambigües et hypocrites avec l’homosexualité.
En ce qui concerne l’alim Zemzemi, il faut lui rappeler le 16 mai en répétant sans cesse: « wa dakir fa ina dikra tanfao al moeminie: rappelle, le rappel est très utile pour les croyants.
Le rappel doit prévaloir le conseil, religieux soit-il.


Zemzemi, Samir Barkachi et la manifestation anti homosexuelle à Ksar El Kébir
Nice 2 avril 2009